Jardins d’Eden

 

Les imprimés fleuris, les étés précédents, c’était une variation entre le Liberty et autres romantismes à la « petite maison dans la prairie » et le flower power en grandes robes bohème 70’s. Le signe d’un optimisme à toutes épreuves.

Pas cette fois.

Les compositions florales fortes, presque abstraites, très contrastées ne laissent cette saison aucune place à la mièvrerie. Comme si au jardin d’Eden, si exubérant et lourd de parfums capiteux, le ver était déjà dans le fruit, enfin, comme si Ève savait déjà qu’elle allait croquer la pomme incessamment sous peu.

 

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(Christopher Kane)

La végétation luxuriante se refroidit (les nuances sont bleutées voire blafardes), s’agrandit (pas de petites fleurs mignonnes par ici), se déforme (entrecoupée de lignes géométriques ou disparaissant dans le blanc ou le noir quand elle n’est pas disséquée), adopte une pose « no future » résolument moderne.

 

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 (Mary Katrantzou)

Jusqu’à toucher les hommes, qui comme les femmes pourront oser la carte du tout fleuri de la tête aux pieds, façon dandy punk. Faut assumer, mais ça fait effet.

 

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Garçons et filles moins audacieux la joueront plus grunge, en associant un seul item à fleurs (chemise, tee, robe, pantalon) à un perfecto, une veste en jean, un denim boyfriend, des boots motardes, des tennis blanches ou un sweat gris : des basiques intemporels.

 

Elie Saab, Ready to Wear, Spring Summer 2014, Paris

 (Elie Saab)

Crédits photo : Elie Saab > nowfashion.com, Mary Katrantzou > thefashionisticlover.com, Carven > dudessinauxpodiums.com, La campagne Gucci SS14 par Mert Alas & Marcus Piggott, Christopher Kane > Vogue.com